jeudi 21 avril 2016

The Big Apple

NEW YORK - Voilà, c'est fait. En queques jours à New York, j'aurais déjà démonté une bonne partie de mes clichés et stéréotypes sur les US. Loin d'être invivable et sans charme (j'étais certes un peu dure dans mes appréhensions) je reste totalement séduite par cette ville. Je trouve New York beaucoup moins oppressant que Paris : une ville aérée, qui respire, au bord de l'eau où l'on peut vraiment tout faire en transport et à pied. Je suis consciente qu'en étant en simple visite et en vacances, ma vision est quelque soit peu biaisée, mais quand même. Mes escapades touristiques à Paris, avant d'y vivre réellement, m'avaient laissé des impressions d'une ville plus dure, fatigante et oppressante.  Et puis en fait, moi qui avait tendance à n'être charmée que par le vieux (bâtiment j'entends), le petit, les paysages naturels et pittoresques, etc. je parviens à trouver très beaux ces quartiers en briques rouges, ces rails de subway, ces grands ponts et même à rester sans voix devant des buildings. Peut-être est-ce que je vais dorénavant qualifier "d'effet américain" ? Cette impression d'être et de vivre à travers un film américain qui fait que toute vision est embellie, toute émotion semble décuplée, que toute personne rencontrée semble plus "cool",... Peut-être est-ce ça, je ne sais pas. En tout cas, je m'y fais avoir comme un petit enfant. 


BROOKLYN

Je suis logée à Brooklyn, chez José, un ami rencontré à Tarifa lors de mon retour du Maroc.
 Brooklyn est un des borough de New York. Apparemment, si elle n'étais pas rattachée à NY, se serait la quatrième plus grosse ville des Etats-Unis. J'avais pour ambition de faire tout à pied ici, mais j'ai vite compris que j'allais devoir me résoudre à prendre le subway: marcher même pas 1/5 de Brooklyn à pied prend 2h. Heureusement, l'appartement de mon ami est dans un quartier très chouette ( populaire mais très prisé apparemment) : Bushwick, au croisement de Dekalb Street et Knickerbocker Street ("l'effet américain" bat son plein). C'est vraiment un endroit très agréable à vivre qui a une vrai âme. Que des petits immeubles sur 2 étages, en briques, bois ou pierres et des petits commerces, des petites échoppes, des petits restaurants (majoritairement de cuisine américaine et sud américaine). Le quartier est vraiment multinational mais à dominante centre-américaine. Des drapeaux de Puerto-rico flottent un peu partout. Tout le monde parle espagnol. Inutile de dire que ça, ça me plait. 















L'Empire State building au fond. J'ai appris que chaque Etat des Etats-Unis avait un nom. Pour New-York, c'est the "Empire State". Un peu prétentieux, mais un peu classe.




                                                                             HARLEM


J'ai dit à Jose avant de venir que je voulais absolument voir Harlem. Premier jour à New York, direction Harlem donc. Bon, à part que c'est un quartier assez populaire et noir, je ne sais pas quoi vous dire d'autre. Il aurait sûrement fallu faire un tour guidé. Ou peut-être s'y balader la nuit. Mais c'était sympa à voir.



YMCA (Young Men's Christian Association)





RUCKER PARK  - Mon ami voulait absolument voir Rucker Park, ce terrain de jeu apparemment super célèbre où s'y déroule parfois des battle de rap ou de hip hop (dont la "légendaire" battle de Jay-Z contre Fat Joe) et où se sont entraînés jeunes pleins de joueurs de basket qui plus tard ont fini dans la NBA.


















YANKEE STADIUM - Le Stade de Baseball de l'équipe de New York.
Heureusement, mon ami qui portait sa casquette de l'équipe de Boston (the Red Sox) a eu la présence d'esprit de la retirer assez tôt; il y avait match et se balader avec le sigle de l'équipe de Boston reviens apparemment à peu près à se pointer avec un t-shirt de l'OM à un match du PSG à Paris (moins le risque de se faire tabasser à mort). Ils les détestent. Il y avait des stands entiers de T-shirts anti Boston ("Boston Sucks"; "Buck Foston",...).



































































JOSE - Mon ami, comme je disais, rencontré à Tarifa.Une personne adorable. Ex-GI, Jose s'est engagé à 17 ans dans l'armée américaine. L'armée lui a financé des études universitaire à l'Université de Rhode Island et  Miami où il a étudié les linguistiques et l'anthropologie (ou l'anthropologie des linguistiques? je ne sais plus) où il a fini dans les majeurs de promos. Il a servi en Irak et Afghanistan en tant que psychologue/psychothérapeute pour les soldats. Un peu après la fin de son premier service de 10 ans (la norme est de servir 20 ans pour pouvoir toucher la retraite à taux plein) il a décidé de faire une pause pour voyager un peu dans le monde et selon ce qu'il m'a dit "déconstruire les clichés que lui avait inculqués l'armée". Il a voyagé pendant un an et demi en Espagne, Maroc, Egypte (il y a vécu trois mois), Afrique du Sud, Grèce, Italie, Malte, Inde, Turquie, France, Colombie (il est d'origine Colombienne), Pérou et je dois en oublier. Après ça, il a tellement déconstruit les idées reçues de l'armée qu'il a décidé de ne pas se réengager. Maintenant il bosse en tant que chargé de liaison communication entre les services municipaux et la population lors des travaux de réaménagement de la ville. Une personne vraiment très cool et étonnante. 



BROOKLYN BRIDGE & DUMBO NEIGHBOURHOOD


Un des ponts apparemment les plus connus des US. Il date de 1865.






















































Petite pub' pour le restaurant au passage!













































































Photo kitch de mariage face à Manhattan.





                                                  MANHATTAN





















                                                                         
                                                                               CHINATOWN



CHINATOWN - Au détour de la rue vue dans les photos ci-dessus, on se retrouve dans le petit parc Columbus Park (charmant nom soit dit-en-passant) qui marque le début du quartier China town. Aucun doute possible : mise à part quelques touristes, il n'y a que des chinois et l'on n'y entend plus parler anglais. Un groupe scolaire traverse la route. Pas un enfant blanc ni noir dans le lot. Tous les panneaux sont bilingues voire qu'en chinois (même le Mcdo!). Des étales de produits chinois (où tous les prix y sont également écrit en chinois); des poissonneries où les poissons sont présentés sur des stands dans la rue (et non dans une boutique ultra aseptisée), des stands de fruits asiatiques, des racines, ... Une ambiance étonnante. On se sent vraiment dans un pays étranger. Le quartier est assez étendu. Au bout de la rue, Little Italy.




Columbus Park. De multitudes de personnes plutôt âgées attablées à jouer aux cartes.

























                                                               LITTLE ITALY












                                                                   LE MET

The MET -Metropolitain Museum of Art .
En fait, je me suis pleinement rendue compte en le visitant que finalement, les énormes musées comme ça, ça me gonfle un peu. Trop de monde, trop d'objet dénué de contexte. Du coup, je suis allez me perdre dans les salles réservées aux arts Sud Américains et Africains puis Orientaux, loin des foules. J'ai tenté la section "American art" mais c'était essentiellement des meubles et des pièces de maison reconstituées, absolument vides, aux allures lugubres et c'était en vérité un peu effrayant.







                                                          HASIDIC JEWS Neighbourhood

Alors ça, c'était une sacrée expérience.
Mercredi soir, on a été se balader dans un des quartiers des « Hasidic jews » (les juifs hassidiques ) à Brooklyn, près de Flushing Avenue; choix de destination touristique étrange, j'en conviens, mais en arrivant le premier soir à New York on y était passé sur le chemin du retour et ça m'avait vraiment intrigué : un quartier entier peuplé uniquement de juifs ultra-ortodoxe. Les juifs hassidiques sont une des branches de l'ultra orthodoxie les plus traditionnels. On était la veille de Passover et je crois que j'ai rarement vu un tel endroit : les rues noires d'hommes en vêtements traditionnels avec kippa et peotes (les petites boucles) et plus de la moitié portaient des lunettes en plastique sans monture. Pas une seule phrase en anglais entendue pendant toute notre balade : que du Yiddish. Tous extrêmement pressés. Les rares femmes qu'on a vu poussaient une poussettes et étaient accompagnées d'une ribambelle de gosses. Toutes (tout comme les enfants) étaient habillés dans des vêtements des années 40. Toutes portaient une perruque. Apparemment chez les ultra-orthodoxes, la femme, une fois mariée doit se raser la tête pour montrer qu'elle n'est plus « sur le marché » et qu'elle n'est plus désirable. Elle ne peut aussi pas porter le même vêtement que les hommes donc robe ou jupe oblige. Apparemment, selon le gentil Officer Beatty, chargé d'assurer la sécurité devant a synagogue ce soir là et avec qui on a parlé assez longtemps, elle n'ont pas non plus vraiment le droit d'être sur le même trottoir que les hommes. Le policier nous a expliqué que les hocedic viennent d'Europe de l'Est et après avoir été quasiment entièrement décimé au moment de la Shoah sont venus s'installer aux Etats-Unis pour beaucoup (et en Israël bien sûr) et qu'un de leur but est de repeupler leur communauté. Ils auraient ainsi en moyenne une dizaine de gosses. Ils vivent apparemment en quasi autarcie, ont leurs propres écoles, leurs propres pompiers, leurs propres ambulances et hôpitaux. Selon le policier, 40 % de la population ne parlerait même pas anglais ; seulement Yiddish. Complètement fou.



























Le fameux.






PROSPECT PARK 

Ayant fini récemment la lecture du « choix de Sophie » , un roman qui se passe à Brooklyn, j'ai essayé de retourner un peu aux endroits mentionnés dans le bouquin dont Prospect Park. Très très chouette endroit. D'ailleurs je n'ai jamais vu un parc aussi grand dans une ville. Il pourrait contenir vingt Buttes Chaumont je crois. J'ai marché 1h en croisant, 2 lacs, une forêt dans une réserve naturelle, des énormes étendues de pelouses et en essayant à grande peine d'en sortir, je me suis rendue compte que j'avais du voir même pas un quart du parc.
C'est en ce sens que je trouve que New York respire beaucoup plus que Paris.




                                                                     













                                                                            CONEY ISLAND


Encore un lieu où se déroulent pas mal de scènes du Choix de Sophie. Heureusement on était hors-saison et le parc d'attraction n'était pas ouvert car je n'ose pas imaginer la foule qu'il doit y avoir autrement. Mais là en tout cas c'était très agréable.  













                                                                          CHEZ JOSE

Voilà l'appart' de Jose et de ses colocs où j'ai logé pendant mon séjour. Très chouette endroit. Le jardin partagé était trop agréable. Les chiens des voisins, Brandy et Zooey, se baladaient librement d'une maison à l'autre et s'installaient tranquillement sur les lits et canapés.
Mais les loyers sont absolument exorbitants ici. Jose me disait qu'il payait 1200$ sa chambre et que c'était les prix à Brooklyn… ! (J'ose pas imaginer Manhattan). Après les salaires sont conséquents. Mais quand même.  






                                                                           SUBWAY








                                                                                    CAROLL GARDENS

Un bon quartier Bobo de Brooklyn. Mais très agréable cela dit.  








                                                        JACKSON HEIGHTS - QUEENS


J'ai vu avant de partir qu'il y avait un documentaire qui passait au Concorde sur ce quartier de Queens qui est apparemment le plus multiculturel de New York.  





                         

                                                                   DONUT CEREAL

Je suis presque aussi comblée qu'avec le glaçage fluo.



                                                   
                                                   EN ROUTE POUR LE GOSPEL

J'ai toujours voulu assister à un Gospel et j'ai donc réussi à corrompre Jose pour qu'il m'accompagne à la messe du dimanche matin.
Je n'ai pas osé prendre de photos, juste quelques enregistrements audio, mais la qualité doit être horrible.

C'était trop chouette comme expérience… ! (même s'ils n'ont pas dansé comme dans les Blues Brothers...!). J'essayais d'imaginer ce que Jésus aurait pensé s'il avait vu comment on prêcherait ses paroles 2000 ans plus tard. Des sermons entre-coupés de chansons (avec les paroles sur grand écran) accompagnés d'une batterie et d'un orgue électrique. Une énergie incroyable. Et hyper participatif. Pendant le sermons et la lecture des psaumes, le public commente («  oh yeah, that's a good chapter ! », « yeah, he's right ! », "U-hun!',…) . Chaque phrases de la pasteur est ponctuée d'un « Amen ? » comme pour vérifier que tout le monde suit, ce à quoi le public répond « Am-en ! » ou « Praise the lord ». La pasteur, Jacqueline Barksdale (s'te classe) étaient très enjouée et avait un accent black new yorkais très prononcé qui rendait le sermon, en tout cas d'un point de vue extérieur, très drôle : « And when I'll arrive in heaven, God's gonna be like 'Atta girl', 'atta girl' ! Praise the lord ». Ha, c'était génial. A la fin du sermon, la pasteur a fait ce qu'ils appellent « the altar calling » : elle a appelé toutes les personnes qui voulaient qu'un miracle se réalise à descendre devant l'autel. Ils se tenaient tous en ligne et après avoir mis un peu d'eau bénite (je crois, en tout cas quelque chose de liquide dans sa main), elle leur apposait sur le front en appelant le miracle à se réaliser. Et elle a dû juger un cas plus difficile que les autres car on a tous été sollicité à aider un miracle à se réaliser en levant et tendant notre main droite en direction d'une petite dame qui demandait à Dieu de lui ramener en vie son petit fils qui était dans l'armée. Bon, ça ne m'a pas plus poussé sur la voie de la conversion que les messes cathos mais c'est quand même nettement plus fun. Et l'ambiance y est tellement joyeuse et pleine d'énergie qu'on ne peux s'empêcher de se sentir un peu heureux en sortant.  







                                                                         CENTRAL PARK








                                                                      GRAY'S PAPAYA

Un restaurant de hot-dogs qui est apparemment devenu une véritable institution à New York depuis qu'il a été mentionné dans plusieurs films dont "Fools rush in". Pour 5.29$ tu peux avoir deux hot-dogs et un « jus de papaye ». Il y a des panneaux partout garantissant que les jus sont 100 % naturels mais je sentais clairement des morceaux de poudre non dissous à chaque gorgée... En tout cas Jose en faisait des folies car on y est retourné deux fois dans la semaine.





                                                                        TIMES SQUARE