dimanche 29 mai 2016

NEW ORLEANS

NEW ORLEANS


New Orleans est l'une des villes les plus cool que j'ai jamais connue. J'y ai passé une semaine à travailler en workechange (échange de quelques heures de boulot par jours contre un logement gratuit). dans un hostel , le Plan C. J'y aidais principalement à nettoyer les chambres, les parties communes et aider le gérant avec tous ses projets. Le lieu était complètement fou. Un hostel aménagé dans un ancien hangar avec toutes les chambres entièrement faites de matériaux de récupération, toutes différentes les unes des autres. Le mec qui a monté ça, Jay, a décidé de créer un lieu principalement à destination des musiciens : en échange d'également un peu d'aide avec l'hostel, il leur propose des chambres à prix dérisoire et leur permet d'utiliser le lieu comme endroit de répétition, de concert et de création. Un peu comme une résidence d'artiste. Un lieu rempli d'instruments de musique, de matériels d'art plastique, de plantes ; une grande scène, des jeux de sociétés, une bibliothèque fournie en livres souvent absurdes et improbables, des fauteuils accrochés au plafond, un canoë accroché également au plafond,… Un véritable 'Playground for adults' comme le décrivait l'une des résidentes. J'ai donc débarqué là bas vers 10h30 le matin, autrement dit aux aurores pour eux. Jay était à peine levé, encore en caleçon. Le reste de la maisonnée s'est progressivement levé les heures suivantes. Des gens trop chouettes. Pour la plupart, des musiciens professionnels qui viennent faire du « busking » en Nouvelle Orleans, c'est à dire jouer de la musique dans la rue, car cette ville est probablement l'une des villes qui encourage et soutient le plus les musiciens de rue (d'ailleurs, il y avait des musiciens du monde entier qui étaient là pour la saison). Les musiciens peuvent réellement gagner (et parfois presque bien gagner!) leur vie en jouant tous les jours dans la rue. Un ami que j'ai rencontré là bas s'est fait 4000$ en deux mois en jouant 4h de musique par jour à peu près… ! Du coup, l'hostel était plein de musiciens de tous les âges, de toutes les régions des Etats-Unis, du Canada. Il y avait également deux français, dont l'un, moitié français moitié grec, est l'un des meilleurs amis de musiciens que j'avais bien connus à Rabat ! Le monde est encore une fois tout petit. J'ai donc eu le droit à des tonnes de petits concerts live et gratuits dans l'hostel même, et le soir on allait souvent voir le petit groupe de musique que les résidents avaient formé ensemble, les « Warehouse Strutters » jouer dans le French quarter du vieux jazz et du swing. La plupart des résidents 'buskaient' le soir jusqu'à très tard et vivaient donc principalement la nuit, se couchant habituellement vers 6h et se levant vers 14h. Comme je n'osais pas me lever trop tard au cas où Jay avait besoin de moi, et que je voulais explorer la ville un peu le matin, je combinais les deux modes de vie ; j'ai clairement la sensation d'avoir doublement vécu là bas et d'y avoir passé bien plus d'une semaine !;)
Le matin je m'arrangeais donc pour sortir « tôt », avant que tout le monde ne se lève, pour visiter un peu la ville. Des vélos étaient à disposition des résidents et l'emplacement de l'hostel était idéal : à 10min du French Quarter (le Carrée Français) et à 10 min du City Park, un parc au moins aussi grand que le Central Park qui s'étend jusqu'à un énorme lac dans lequel il est a priori possible de se baigner (enfin, il n'est pas conseillé de mettre la tête sous l'eau et les deux fois où on a été, on était les seuls dans l'eau… mais bon!). New Orleans est vraiment une ville très agréable à vivre, en dehors du facteur température je parle. Très aérée, des pistes cyclables partout (et que du plat!!) , le Mississippi qui la traverse, un long canal, des lacs,… Et assez verte finalement. J'étais étonnée. Le centre ville en soi est hyper mignon. Lui a été clairement entièrement reconstruit après Katrina. La partie touristique s'appelle le French Quarter et l'attraction est « Bourbon street », une rue de débauche et de beuverie à peu près équivalente à la rue de la soif à Rennes plus les bars de striptease en tout genre. On s'y est baladé plusieurs fois le soir, mais ça ne m'a pas plus du tout. Il y a d'autres quartiers chouette un peu plus loin où il est possible d'écouter de la super musique live dans les bars et dans la rue. Principalement du swing, du jazz, des fanfares, … Une ambiance incroyable ! Il s'y passe tout le temps quelque chose. J'ai aussi été me balader dans le Treme, petit quartier plutôt noir proche du French Quarter. Très mignon, même s'il est apparemment sujet à une importante gentrification. Toute la ville l'est d'ailleurs. Jay m'expliquait que depuis Katrina, des personnes venant de l'Amérique entière, souvent beaucoup plus riches -et blancs- rachètent les maisons aux pauvres qui n'ont pas de quoi les retaper eux même. Le prix des logements et des loyers a ainsi énormément augmenté ces dernières années et beaucoup de pauvres -surtout noirs- se sont ainsi retrouvés à la rue ou obligés de quitter New Orleans. C'est vrai qu'on voyait beaucoup de sans abris au centre ville.
Le dimanche, on a réussi à se motiver avec un des résidents, Vincent, pour aller encore une fois au Gospel. Mais cette fois-ci, on est allé à une messe gospel dans une église catholique, ce qui est très différent du gospel dans les églises baptist. La messe était beaucoup plus formaliste et ordonnée ; pas de participation active du public cette fois-ci, ni de sermon dynamique en langage de la rue, ni d'altar calling pour réaliser des miracles… ! Les choristes étaient cependant très nombreux et comptaient certaines solistes très talentueuses. Ils étaient accompagné d'une percussion, saxophone, basse, et piano ! Les chansons étaient très vraiment très belles et on y a quand même passé un super moment, même si c'est décidé, je préfère le gospel des baptists !
Le dimanche soir, l'ensemble des musiciens ont fait une fanfare ('Second line') d'un festival de musique le long du Canal jusqu'au Plan C et ont joué toute la soirée à l'hostel. J'ai fais la barman avec Lukas (le dreadeux qui dort dans le canoë sur l'une des photos) une partie de la soirée.
J'ai également accompagné certains des résidents faire du « Dumpster Diving » (aller faire les poubelles des grands supermarchés pour récuperer la nourriture jeté du jour même). C'est incroyable ce qui y est jeté : on a rempli des cageots et des cageots de fruits et légumes frais et à peine abimés : des bananes, des poires, des oranges, des nectarines, des avocats (tellement d'avocats!), des tomates, des artichauts… ! Et des tonnes de sacs de chips… !;) On a passé les trois jours suivants à faire des smoothies et des jus. Vu la chaleur, ça n'était pas du luxe. Je crois que je m'y mettrais en rentrant en France.
J'essayais de faire du pain tous les deux jours (pour 20 personnes, ça partait très vite!).
L'hostel était vraiment un lieu qui encourageait la création alors le dernier jour, j'ai décidé d'y peindre une table. ça m'a beaucoup plu. J'aurais dû y rester un peu plus longtemps; je crois que je me serais remise à la musique. J'ai d'ailleurs eu le droit à quelques cours de Vincent en échange de quelques leçons d'anglais. 

Une super expérience en tout cas. J'ai déjà hâte d'y retourner.:) Mais peut-être pas l'été par contre. Il y faisait déjà une chaleur étouffante alors je n'ose même pas imaginer ce que ça va être dans quelques mois… ! 


The Windtree in City Park






FRENCH QUARTER













TREME


















Au musée de l'histoire de New Orleans : " Carte très curieuse de la mer du sud contenant des remarques nouvelles et très utiles non seulement sur les ports et îles de cette mer".




Charmant petit paragraphe sur l'Afrique de l'Ouest.



Quartier près de Crescent Park.







AU PLAN C HOSTEL 


 Lukas



Sage & Vincent jouant aux échecs.



David, Jordan (un incroyable bassiste), Roselynn (une incroyable clarinettiste)  & Alex.



Hunter & Carmella


Jay (le patron!) & Hunter



Ma chambre







 Periklis




Ma table

FROM NASHVILLE TO NEW ORLEANS

TENNESSEE 


NASHVILLE

Le lendemain après avoir fini ma rando, Therese m'a déposé au Greyhound bus. Encore une petite journée de 12h de bus direction Nashville. Mon père m'a toujours dit que les Greyhound étaient hyper craignos. Je pense qu'ils se sont bien améliorés ces dernières années et je n'ai eu jusqu'ici que des très bonnes expériences, même si mes voisines de derrières ont passé l'intégralité du trajet Knoxville – Nashville à causer de taule, de centres de détox et de comment acheter sans se faire prendre. Mais elles avaient l'air très sympas à part ça.

J'ai passé deux jours à Nashville hébergé en couchsurfing chez un gars hyper cool, Charlie. Hyper ouvert, drôle et intéressant ; complètement dédié au Yoga. Il venait de passer 6 mois en Ashram et se couchait tous les soirs à 21h30-22h et se levait à 4h du matin pour faire 2-3h de Yoga et de méditation avant d'aller au travail. Enfin le dernier soir, on est aller boire des coups et voir des concerts donc il a fait une entorse à son rythme militaire.
J'ai vraiment beaucoup aimé Nashville et y ai passé deux super journées. Le premier matin, il m'est arrivée la chose la plus improbable de ma vie : je me baladais dans la ville, je traverse la rue, m'arrête au coin au passage piéton, lève la tête et sur qui je tombe ? Jacopo, un ami de mon programme de CELTA d'il y a deux ans avec qui je m'entendais trop bien  ! On a tellement ri. Du coup, on a passé la journée ensemble. On est allés au musée de Johnny Cash, on a mangé le midi dans un Honky-Tonk (une sorte de bar où il y a toujours des concerts live si j'ai bien compris), puis on a visité le Country hall of fame. C'était trop chouette. Le lendemain, je suis retournée au centre ville qui était cette fois noir de monde (vendredi oblige) à 11h du matin avec pleins de filles hurlant sur les « pubcycles » alors je suis allée me réfugier dans le musée d'art visuel où il y avait, tellement improbable, une super exposition sur les photographes et cinéastes soviets des années 30.

Après ça, j'ai marché toute l'après midi, à travers music row -quartier résidentiel où se trouve de nombreux studios d'enregistrement mais qui ne présente pas grand intérêt - et le campus de l'université de Vinterbild. Je suis arrivée juste après leur fête de Graduation. C'est con, j'aurais adoré voir ça. Je suis ensuite allée dans un parc où ils ont érigé en 1887 un double du Parthénon grec (mais pourquoi ?) et ai retrouvé mon couchsurfeur pour la soirée. Il y avait des concerts gratuits dans ce parc et on a pu y entendre le groupe Fairfield 4 qui a fait une partie de la B.O d'O Brother… !! Une super soirée. J'ai un peu regretté de ne pas rester plus longtemps à Nashville, mais c'est comme ça.



Greyhound bus station à Roanoke



                                                                Knoxville


Petite escale de deux heures à Knoxville.




Nashville






On Broadway street.


The Johnny Cash Museum




Avec Jacopo au Johnny Cash Museum










Une église de moins d'une centaine d'année. 


A l'exposition sur les photographes soviets.



Le Studio où Elvis a enregistré la plupart de ses chansons.



Sur le Vinterbild Campus le jour de Graduation.


Quelle horreur de devoir récupérer son diplôme devant tout ce monde...Heureusement qu'on n'a pas ça en France.



Dans le Centennial Park devant un petit concert live.




MEMPHIS

A Nashville, Jacopo, qui avait passé deux semaines à remonter la Louisiane, le Mississipi et le Tennessee en roadtrip m'a un peu convaincu de louer une voiture pour me rendre à New Orleans, histoire de ne pas rater trop de chouettes endroits.

J'ai donc commencé par Memphis, la capitale du Blues où je suis allée visiter le National Civil Rights Museum, situé dans l'hôtel où Martin Luther King Jr s'est fait assassiné. Un chouette musée. Après ça, je me suis rendue sur LA rue apparemment la plus connue de Memphis, Beades street. Une rue pleine de bars de blues. Je suis tombée au beau milieu de « BBQ Fest », le festival annuel de barbecue… ! La rue était donc noire de monde pour la plupart alcoolisé. Une ambiance rigolote, mais je pense que pour le coup, ça aurait été mieux à plusieurs. J'ai assez vite fui et je suis rentrée à l'hostel où j'ai rencontré Mark, un canadien qui faisait le tour du monde à vélo depuis 2 ans. Il était parti de chine, avait traversé tous les pays jusqu'à l'Inde, de l'Inde il avait roulé jusqu'en Italie, puis un bateau jusqu'à Malte, l'Egypte, quasi tout l'Est de l'Afrique jusqu'en Afrique du Sud, puis avion jusqu'en Argentine, puis la plupart de l'Amérique du Sud, l'Amérique centrale,...Et là il rentrait chez lui, au Canada en passant par les Etats-Unis pour retrouver sa fiancée qu'il avait laissé en Chine deux ans auparavant… ! Il campait essentiellement dans les jardins des gens (après leur avoir demandé bien sûr). Il était vraiment intéressant. Il a monté un site internet si il y en a que ça intéresse qui est assez chouette. ( https://oneadventureplease.com/ )  . Une chouette rencontre. 



Le "Lorraine motel" où M.L.King a été assassiné.




Beade Street












Mark


MISSISSIPPI


Après Memphis j'ai descendu l’État du Mississippi en prenant la route 61, la route du Blues. C'était un dimanche et j'ai vraiment eu l'impression de traverser villes fantômes après villes fantômes. (je n'ai d'ailleurs eu quasiment aucun réseau téléphonique pendant deux jours complets)
J'ai fait un arrêt à Clarksdale, la ville où entre autres Robert Johnson a vendu son âme au diable, et la ville de naissance de Johnny Lee Hooker, Sam Cooke ; Muddy Waters y a habité aussi. Malheureusement tous les musées étaient fermés comme c'était dimanche. Il y avait une drôle d'ambiance dans cette ville, elle semblait presque abandonnée. Je suis rentrée prendre un café dans un espèce de vieux bistrot duquel j'entendais jouer de la musique. Dedans, deux vieux mecs en salopette en jeans dont un qui jouait de la basse à une corde (un espèce d'instrument artisanale consistant en une corde reliant un bout de bois planté dans un seau en plastique). C'était assez drôle. L'un deux est venu me voir et m'a invité à aller les voir jouer dans un concert privé mi juin près de Dallas. Mais il avait l'air un peu glauque donc je pense que je vais passer mon chemin…;)

Après Clarksdale j'ai continué à descendre la route 61. J'étais un peu déçue qu'elle ne soit pas le long du fleuve du Mississippi mais en réalité aucune route ne le longe, probablement en raison des crues. J'ai finalement rejoins le Natchez Trace Parkway, une sorte de route verte qui relie Nashville à Natchez. Je l'ai traversé au soleil couchant, c'était vraiment très chouette. J'ai finalement trouvé un National Park où je suis malencontreusement arrivée après la fermeture du bureau d'accueil et devait partir tôt avant l'ouverture de celui-ci alors… j'y ai donc campé une nuit gratuite ! Ce qui n'est pas plus mal vu le prix du camping ici (19$ la nuit!). Le camping était au bord d'un magnifique lac marécageux. J'y ai rencontré un chouette motard retraité qui se faisait un bike trip de Houston à Nova Scotia. On a papoté longtemps et ils m'a donné pas mal de tuyaux pour le reste de mon séjour.


Le lendemain j'ai visité Natchez, une ancienne grosse ville de planteur le long du Mississippi. C'était plutôt chouette. Plein d'anciennes imposantes maison de propriétaires de plantation, un petit centre ville sympa. J'ai ensuite continué ma route jusqu'à Lafayette, en Louisiane, la capitale de la région Cajun. Bon, là, je dois avoué que ça a été le premier échec de mon séjour. Je suis arrivée en milieu d'après midi un lundi et il pleuvait des trombes d'eau, l'hostel était vide, le village arcadian que j'ai voulu allé voir venait de fermer, le centre ville était complètement désert. J'en ai finalement profité, vu que j'avais l'hostel à moi toute seule, pour cuisiner et me faire une soirée un peu tranquille. Ce qui n'était pas plus mal, vu la semaine qui m'attendais à New Orleans…;)  




CLARKSDALE

 Le croisement où Robert Johnson aurait vendu son âme au diable.

















PORT GIBSON




NATIONAL PARK IN NATCHEZ TRACE PARKWAY






NATCHEZ













Mémorial confédéré.





LAFAYETTE