VIRGINIA (and a bit'of North Carolina)
Virginia, l'Etat où habite ma famille.
Mon père m'a toujours dit que ni la Virginie ni ses habitants ne présentaient trop d'intérêt. Il a toujours détesté y retourner et m'a un peu transmis ses idées reçues. Et ben en fait, il y a des très chouettes endroits en Virginie et des très chouettes gens. Bien sûr la ville où habitent mes grands-parents et ma tantes et cousins, Virginia Beach (et Norfolk), n'est pas un endroit particulièrement épanouissant. Très grosse base navale (toutes les personnes avec qui j'ai parlé ont au moins une personne de leur famille dans la Navy), avec peu de lieux culturels et encore moins de contre-culture. Mais même là, il y a des endroits sympa à découvrir. Des petites plages un peu sauvages loin du front de mer ultra touristiques, des parcs, quelques forêts, un centre-ville avec des belles maisons, des très beaux quartiers. Bien sûr, tout est ruiné par l'implantation de milliers de chaînes, de fast-foods, de malls, de strip-malls. Moi qui ai un bon sens de l'orientation, je suis incapable de me retrouver là-bas si je n'ai pas de plan ou de gps. Tout se ressemble. C'est assez triste car l'on sent que ça a dû être un très bel endroit avant.
Quand je suis arrivée à la station de Greyhound, ma tante, mon cousin et mon oncle (de Guantanamo) m'avaient fait la surprise de venir m'attendre dans la station avec un panneau "Welcome Home Jane". C'était trop chouette.
Je n'ai pas fait masse de choses là-bas à part voir ma famille. Mes grands parents sont dans une maison de retraite, ou plutôt un "Manoir" de retraite mais comme ma grand-mère avait encore eu je ne sais quel souci exactement et était pour la 100e fois en 10 ans peut-être à l'hôpital. Du coup j'allais passer un peu de temps à l'hôpital, puis à la maison de retraite quasi tous les jours. Mais c'était trop cool de les voir.
Puis j'y ai aussi préparé ma petite rando du sentier des Appalaches. J'ai fait l'erreur de parler de la rando (une rando de 4 jours je précise) à mon oncle -ex parachutiste et planificateur de guerre- qui a passé la semaine à m'équiper comme si j'allais moi-même être parachutée sur le sentier :
- allume feu magnésium
- chargeur solaire à installer sur l'arrière du sac à dos
- GPS Garmin ultra ultra sophistiqué (j'y ai rien compris)
- radio am/fm qui donne la météo (avec antenne) à recharger avec la manivelle
Et encore, j'ai échappé à la machette. et au camping gaz avec chargeur solaire et au petit miroir avec viseur pour bien viser l'hélicoptère de secours.
J'ai donc écris aux gens de l'appalachian trail club qui m'hébergeaient pour savoir si c'était nécessaire. Ils m'ont dit qu'il n'y avait même pas besoin de plan, tellement le sentier était bien balisé. Et effectivement, il y a un marquage à peu près tout les 5 mètres. J'ai donc tout laissé chez ma tante, mais l'intention y était. (J'ai fait un petit article sur le sentier des appalaches un peu plus loin.)
Sinon, le weekend de mon séjour avec ma famille, mon cousin Sean et sa fiancée Jessica m'ont amené avec eux à Asheville, une ville en Caroline du Nord. Trop chouette endroit aussi. J'en parle un peu plus loin également.
Quelques photos que j'ai prises lors de mon dernier séjour à Virginia Beach. Je n'ai pas eu le temps de retourner par là-bas cette fois.
Le front de mer. Aussi beau que La Baule.
La Virginie était une des premières colonies des US, fait historique qui semble faire la fierté de l'Etat qui n'hésite pas à nommer ses rues "Colony", ou à leur donner des noms d'anciens colons qui ont menés des guerres et massacres contre des Indiens. On ne fait pas mieux en France, je sais, mais ça m'indigne un peu quand même.
On était allé visiter la colonie de Williamsburg avec ma tante il y a quelques années, une des grosses attractions touristiques de l'Etat avec celle de Jamestown (Colonie dans laquelle John Smith fut le Capitaine des colons ;) ): un énorme village d'époque restauré avec des acteurs déguisés qui s'y baladent et jouent des scénettes. Ça parait un peu kitsch -et ça l'est :) - mais si on se prête au jeu, c'est finalement quand même plus amusant qu'un musée traditionnel. Ils sont assez forts pour ça.
Statues au mémorial de l'aviation navale, à Virginia Beach.
ASHEVILLE -North Carolina
Super weekend passé avec mon cousin Sean (oui, nos ancêtres sont un peu irlandais dans la famille ;), et sa fiancée Jessica à Asheville où l'on a retrouvé un couple d'amis de Jessica, Chris et Heather.
Asheville est une petite ville plantée dans une vallée au pied des Blue Ridge Mountains. Une petite oasis un peu alternative et libérale au milieu d'un bon Etat sudiste des Etats-Unis. Presque aucune chaînes, pleins de petits bars, de caves, de bar à bières, des spectacles de rue, des petits groupes de blues grass souvent en salopettes en jean/casquette à chaque coin de rues. Et la région est très belle : des petites vallées, des montagnes, des cascades, des vignobles,...
Ca valait amplement les 14h de voiture aller-retour. (ugh)
Le Pubcycle.
Dans un bar à vin avec Jessica, probablement une des personnes les plus adorables que j'ai jamais rencontrée. Ils se marient en juillet à Hawaï.
L'avantage des Etats-unis, c'est que même leurs verres de vin sont XL.
Jessica & Sean
Jessica, Sean, Chris, Heather et Ruby, leur bébé.
Au vignoble, où l'on a pu faire une super dégustation de vin.
Ma nouvelle devise.
N'oublions pas qu'on est quand même dans la 'Bible Belt'.
Marion Manor, la maison de retraite de mes grand-parents. Un grand complex pour riches retraités (pour la plupart hauts gradés ou femmes de hauts gradés dans la Navy ou l'armée). Pleins d'activités et de spectacles y sont organisés toutes les semaines : cours de peinture, bible study, des réunions hebdomadaires pour les vétérans, la messe... Il y a un club de "marche" où les membres inscrivent leur nombre de pas lors de chaque "randonnée" dans la maison de retraite.
Les gens sont sympas, je me suis fais des copines qui m'ont raconté touute leur vie. Je marchais autour de la maison avec mon grand-père (ce qui est considéré là-bas comme un quasi GR).
Là, une vue de leur salle à manger.
ROANOKE
& THE APPALACHIAN TRAIL
Lorsque
j'ai fait le chemin de Compostelle, j'ai rencontré un américain qui
m'a parlé du sentier des appalaches (the A.T, the Appalachain
Trail). Bien qu'il est lui même dû quitté l'A.T parce qu'il
s'était fait mordre par un serpent vénimeux, l'idée me
paraissait quand même bien cool. Du coup j'ai décidé d'aller y
faire une rando de 4 jours et 4 nuits sur le sentier en Virginie.
C'est un sentier de randonnée d'environ 3510 km qui parcours la
chaîne de montagne des Appalaches de Georgia à Maine. Il faut en
moyenne 5-6 mois pour le marcher intégralement. Ceux qui le tente
sont appelés les "Thru hikers". Les autres sont
catégorisés entre "Section Hikers" ou " Flip Flop
Hikers" et "Day hikers". Tous les marcheurs se donnent
des "Trail name", des surnoms ("did you see Hong Kong
Steve/Gadget/ Couscous pass by?" ) C'est une randonnée
beaucoup plus sauvage que le chemin de Compostelle, plus en mode Man
Vs. Wild. Déjà, le terrain est très différent puisque que le
sentier est en quasi permanence en montagne, donc 15-20km par jour
c'est déjà pas mal (même si les Thru hikers parcourent plus proche
de 35-40km par jour). Et contrairement au Chemin, l'A.T ne traverse
pas de charmants petits villages tous les 5 km où il est possible
d'acheter de la nourriture, remplir sa bouteille d'eau, ou se poser à
un café et commander des tortillas con morcillas avec de la sangria.
Non, ici il est possible de marcher 8-10 jours sans pouvoir se
réapprovisionner ce qui veut dire qu'il faut soit porter sa
nourriture de 8-10 jours, soit s'arranger pour se la faire livrer
quelque part, sur une route ou autre par quelqu'un. Il faut également
apporter de quoi purifier l'eau car on ne boit que de l'eau de
sources ou rivières. Il y a parfois des hostels ou des
auberges pas trop loin de l'A.T mais c'est rare et dans la majorité
des cas, il faut dormir dans des refuges. Ces refuges ne sont pas
comme les refuges de montagnes qu'on trouve par chez nous, mais
complètement ouverts (cf. photo). Il y a des petits crochets pour
accrocher les sacs à dos et tout le monde dort sur leurs matelas à
même le sol. Il est aussi possible de camper près des refuges. Bien
sûr, pas de douche dans ces refuges et à cette époque-ci, l'eau
des rivières est encore un peu trop fraîche pour se laver
véritablement dedans. Du coup, les marcheurs vont souvent une
semaine-10 jours voire plus sans se laver véritablement (tout en
marchant plus de 20 km par jours...!). Des gaillards souvent
magnifiques, dans une forme olympique (en même temps, tous ceux que
je croisais venaient de marcher plus de 1200km...) mais aux cheveux
sales, ongles noirs et fringues dégueus. ;). Mais pour moi,
l'élément le plus difficile dans cette rando c'est les bêtes.
Parce-qu'en fait, la faune américaine est assez différente de la
notre : il y a vraiment des ours, des coyotes, des serpents et autres
sur l'A.T! Et plein de tiques... Tous les soirs, il faut donc mettre
toute sa nourriture et tous les éléments qui ont une odeur (all
that's "smellable") dans un "bear bag" et aller
l'accrocher un peu loin du refuge dans un arbre, à plus de 3 mètres
de hauteur et écarté un peu du tronc pour que les ours ne puissent
pas l'attraper..! Donc c'est sur ce sentier que j'ai décidé
de randonner pour 4 jours. N'ayant pas randonné depuis longtemps, et
n'ayant jamais randonné avec un lourd sac à dos, j'ai choisi une
très courte distance, histoire d'avoir le temps de profiter un peu
aussi des paysages, de lire, etc. Et ben j'ai pas regretté ! 15 km
par jour en montagne, avec un sac à dos de 15kg sur le dos, et ben
c'est parfait!
Et
c'était une des plus chouettes expériences que j'ai fait ! Pas la
plus reposante ni la plus sereine, c'est sûr, mais vraiment cool!
J'ai rencontré des gens incroyables, souvent un peu fou (il faut
être un peu j'té pour marcher 6 mois dans ces conditions en même
temps) et tous adorables, vraiment. Je m'arrêtais souvent pour
causer avec les gens que je croisais sur la route (la plupart
marchaient du sud au nord et moi je faisait l'inverse alors j'ai
croisé beaucoup de marcheurs). Des gens trop ouverts. Même si comme
nous à St Jacques, les thru hikers avaient peut-être un peu
de 'dédain' (mais du gentil dédain) pour les flip-flop hikers, ces
touristes. J'ai campé le premier soir et le deuxième soir avec un
groupe d'hommes plus agés de l'Ohio, un peu des randonneurs du
dimanche, qui se baladaient avec leur whisky, leur lait pour le café,
leurs smartphones pour pouvoir regarder le Kentucky Derby. Tous très
sympa; on a causé guide spirituel et vies antérieures avec un des
gars, Doug, pendant des heures, c'était rigolo. Ils m'ont filé du
Whisky et m'ont donné la fin de leur bouteille en partant.Je ne peux
pas dire que j'ai passé la nuit la plus tranquille de ma vie par
contre. C'était ma première nuit en pleine nature et je ne cessais
d'entendre des choses ramper et des pas (les ours sont apparemment
les seuls animaux dont les pas se confondent avec ceux des hommes).
Et pour cause ! Le lendemain matin, on a découvert que des ours
avaient réussi à avoir leur Bear bag -qui était attaché près du
mien à un arbre à 5 mètres de ma tente…- ! Le lendemain,
les rangers ont posté des Bear Warning dans tous les refuges aux
alentours. En soit, les ours ne sont pas dangereux apparemment (sauf
si l'on s'approche de leurs oursons) mais bon, ils n'hésitent
parfois pas trop à rentrer dans les campements et ouvrir les tentes
s'ils sentent de la nourriture. Mais ils n'étaient pas trop affecté,
la moitié des hommes avaient amené de la nourriture déshydratée
dans des paquets hermétiques et ne l'avaient pas attaché dans le
bear bag, donc ils ne sont pas morts de faim.
Après
une éprouvante montée pour atteindre Mc Afee Knob (cf photo) le
deuxième jour, j'arrive essoufflée en haut de la côte et je tombe
sur un autre groupe d'hommes plus agés de l'Ohio (décidément!) en
train de boire des bières. On cause et ils m'offrent une. Le
troisième jour j'ai dormi à un hostel (un donativo), the Four Pines
hostel, tenu par un viel irlandais qui préparait avec des amis à
lui de l'Alabama un véritable festin pour les "Trail days"
à Damascus, une grosse fête pour les Thru Hikers; ils ont passé
l'après midi entière à cuire plus d'une quarantaine de cuisses de
porc. A peine arrivée à l'hostel, ces 4 vieux me disent qu'ils
partent à un "trail magic cookout" un peu plus loin et
m'embarquent avec eux dans leur pick up. Un groupe de vielles femmes
organisaient un BBQ pour les randonneurs pour la fête des mères
avec des milliers de trucs à manger qu'elles distribuaient
gratuitement (tortillas, lasagnes, pain frais fait maison avec du
beurre salé!, salades, fruits, mini cheese cake, café, etc. etc.).
Encore l'art de me retrouver au bon endroit au bon moment! Le reste
de la soirée à l'hostel était trop chouette, à jouer au corn
hole, boire des bières, écouter des hikers jouer et chanter de la
country. Que des gens encore une fois trop chouette et trop ouverts;
encore une occasion de briser un peu plus mes préjugés sur les
vieux américains du sud. Un des thru hikers portait une jupe à
fleurs à hauteur des genoux (et randonnait avec par la même
occasion). Pas un des vieux n'a fait un commentaire, ils ont causé
et se sont marrés avec lui normalement, c'était cool. Je voulais
partir tôt le lendemain mais ils m'ont retenue pour me montrer des
photos d'eux jeunes et de toute leur famille... :). Le dernier soir,
j'ai dormi pour la première fois dans un refuge. J'ai failli ne pas
y rester. Je suis arrivée tôt, il n'y avait personne, le refuge
était assez éloigné du sentier pour être près du point d'eau ;
j'ai consulté le livret de passage : personne n'y avait dormi
depuis deux jours et d'autres personnes y indiquaient qu'ils étaient
partis à cause des souris et des araignées… J'ai voulu aller
remplir de l'eau à la rivière, je suis tombée nez à nez avec un
serpent. Du coup je me suis dis que j'allais marcher quelques
kilomètres de plus jusqu'à la route pour faire du stop jusqu'à
l'hostel de la veille, puis en chemin j'ai rencontré quelques
marcheurs qui m'ont convaincue de faire demi tour. Sur le chemin du
retour, je suis cette fois tombée sur...un serpent à sonnette !
J'ai rebroussé le chemin en courant et suis restée plantée là, à
retenir mon souffle pendant presque 10 minutes en me demandant quoi
faire. J'ai finalement vu au loin le serpent glisser à travers les
herbes et j'ai couru aussi vite que j'ai pu pour le dépasser et
continuer la rando un peu secouée. Puis j'ai passée encore une
chouette soirée autour d'un feu de camp (pour éloigner moustiques
et ours) avec des gens très sympas. Un des randonneurs avait une
tique plantée sur son front. Heureusement, un autre l'a vu et l'a
enlevé à la pince à épiler avant qu'elle ne s'accroche vraiment.
Apparemment, c'est vraiment l'animal le plus dangereux que l'on peut
rencontrer sur l'A.T, il file le « lime disease » et
d'autres maladies graves et souvent permanentes. La fille de 25 ans
des gens qui m'ont hébergé avant et après la balade, s'est faite
piquer par une tique pendant son Thru-hike et a eu méningite, puis
« the Bell » quelque chose disease où le côté gauche
de son visage a été paralysé pendant 4 mois. Elle a encore pas mal
de séquelles aujourd'hui. Apparemment environ 30 à 40 Thru Hikers
attrapent le lime disease tous les ans. Heureusement que j'ai appris
ça après ma rando.
Donc
c'était ma première nuit dans un refuge. Et bien je dois dire, que
je ne suis pas particulièrement fan. Il faut dormir avec la tête
pointant vers l'extérieur car les souris se baladent sur les murs,
donc on entend absolument tous les bruits de la forêt. J'entendais
assez distinctement les serpents se balader sous le refuge. Pas la
meilleure nuit de ma vie. Je suis sûre qu'on s'y habitue au bout
d'un moment mais quand même, je dois avouer que les dortoirs du
Chemin de St Jacques (même surpeuplés de puissants ronfleurs) m'ont
un peu manqué ces soirs là. En tout cas l'expérience était
vraiment incroyable et par chance j'ai choisi une des sections les
plus belles de l'A.T. ; des paysages époustouflants, alternant
entre forêts, montagnes, falaises, champs fleuris, petites rivières,
cascades. Comme sur le Chemin de St Jacques, je suis redevenue telle
une enfant à m'émerveiller à chaque endroit qui était à chaque
fois le plus bel endroit, le plus bel arbre, la plus belle rivière
que j'avais jamais vu. Vraiment, marcher en pleine nature me rend
juste heureuse.
Je
ne sais pas si je ferais un Thru Hike sur l'A.T un jour, mais sait-on
jamais.

Un refuge typique de l'A.T
[ Sur la route jusqu'à Roanoke : "U R blessed Car Wash" ;) ]
Homer and Therese
Homer & Therese.
Trail name : The odd couple.
Probablement les
personnes les plus gentilles que j'ai rencontré dans ma vie. Je suis
rentrée en contact avec Homer il y a quelques mois. Lui et sa femme
sont membres du Roanoke A.T Club auquel j'avais écrit pour avoir
plus d'informations concernant le sentier. Il a toujours pris le
temps de me répondre des longs mails détaillés puis au bout de
quelques échanges m'a proposé de m'héberger chez lui la veille de
ma rando pour m'aider à m'organiser. Il m'a aussi dit que je pouvais
sans problème laisser toutes mes affaires chez eux le temps de mon escapade. Il est venu me chercher au Greyhound bus à Roanoke. Il était
trop drôle, à peine 5 minutes après m'avoir récupérer il m'a dit : "j'espère que Thérèse va arriver bientôt à la maison,
je ne suis jamais très à l'aise autour de jeunes femmes. Parce que
je préfère mettre les choses au clair tout de suite : je suis
l'homme marié le plus heureux du monde. J'aime profondément ma
femme et jamais j'ai eu envie d'aller voir ailleurs." Je l'ai tout de
suite rassuré. 74 ans ! ! C'était tellement mignon ;
il m'a fait beaucoup rire. Après ça, il s'est détendu et on s'est
très très bien entendus. Sa femme est rentrée et ils m'ont invité
à aller manger du fried chicken à un vieux boui-boui de routiers,
c'était génial. Ils m'ont aidé à prévoir la rando, m'ont filée
toutes les choses auxquelles je n'avais pas pensées ou pas pu emporter. J'avais une
chambre et salle de bain intégralement pour moi. Le soir on a
regardé un western ensemble en mangeant du popcorn.
A la fin de ma
rando, Homer est venu me chercher. Son boulot est de faire la navette
pour les marcheurs, mais comme j'étais son invitée, il a été
insulté quand j'ai proposé de le payer pour ses services. Ils m'ont invité
à rester une nuit en plus avant de prendre mon bus pour Nashville et
m'ont laissé toute la journée me reposer chez eux en me laissant
les clefs de leur camion si l'envie me venait de me balader un peu,
et m'ont dit de me servir dans le frigo et dans le placard comme chez
moi. Le soir, ils m'ont emmenée au resto avec leurs enfant pour
fêter le « graduation » de leur fils… ! Homer n'a
pas cessé pendant mon séjour de me raconter comment sa femme était
incroyable. Et ma foi, ça m'a l'air vrai. Le jour de la fête des
mères, ses enfants lui ont demandé ce qu'elle voulait faire :
réparer le toit du refuge de Pickle Branch sur l'A.T ! Alors ils ont
passé la fête des mères au refuge, à faire de l'entretien. Homer
et elle se sont mariés sur l'A.T à Mc Afee Knob et ont fait leur fête de
mariage à Tinker's cliff (cf photos) alors à chacun de leur
anniversaires de mariage, ils randonnent jusqu'à Tinker's cliffs et
y font un pic nique où ils mangent des sandwichs au peanut butter et
à la confiture. Et après 30 ans de mariage, ils rient et se
taquinent encore comme des adolescents.
C'est cool de
rencontrer des gens comme ça, ça donne des beaux modèles de vie à
suivre ou du moins desquels s'inspirer.
Jour 1: (la qualité des photos n'est pas terrible, je n'avais que mon portable).
Lambert's Meadow. Site où j'ai campé le premier soir.
Jour 2
Tinker's Cliff
Mc Afee Knob. L'endroit le plus emblématique de l'A.T.
Vue de Tinker's Cliff de Mc Afee Knob.
Apéro au sommet de Mc Afee Knob avec un groupe d'hommes de l'Ohio.
Encore une petite pub pour Mobilis ;).
Le groupe de randonneurs du dimanche avec qui j'ai campé les deux soirs. Jay, Tay, Jason, Seth, Doug et Brett (je crois?).
Mc Afee Knob
Jour 3:
Une des sections que j'ai préférée. Un soleil agréable, des petites fleurs violettes et jaunes dans les champs, des papillons partout, le son des criquets. Au fond de la vallée, une petite rivière.
Four Pines hostel
Jour 4 : Dragon's Tooth
Une des journées les plus difficiles; plus proche par moment de l'escalade que de la randonnée. Mais encore des vues incroyables.
Vue de l'hostel de Dragon's Tooth
Repos après avoir grimpé jusqu'au sommet de Dragon's Tooth.





























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